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Alexandrie (Egypte)

Pays : Egypte
Population : 3 917 082 hab. (2007)
Densité : 1 462,1 hab./km²
Superficie : 2 679 km²

Alexandrie, ville d’Égypte comptant aujourd’hui près de quatre millions d’habitants, fut fondée en -331 par Alexandre le Grand. Elle devint dans l’Antiquité le premier port d’Égypte, la capitale du pays, et un des plus grands foyers culturels de la mer Méditerranée, centré sur la fameuse Bibliothèque, qui fonda sa notoriété.

La ville d’Alexandrie, rendue célèbre par son fameux phare, l’une des sept merveilles du monde antique, a été fondée en -331 par Alexandre le Grand. Elle aurait été construite sur les ruines d’une ancienne cité : Rakhotis. Les écrits historiques ne sont pas clairs à ce sujet, pour certains, la ville était un village de pêcheurs, pour d’autres, le terme rakhotis, qui peut être traduit par " le bâtiment ", aurait été la première ville construite par les Grecs. Une autre hypothèse encore insinue que le mot signifierait " le chantier ", et serait tout simplement un nom donné par les Egyptiens à l’endroit lors de sa construction par Alexandre. Autant dire que le passé de la cité n’est pas clair. Historiquement parlant, la contrée dans laquelle a été construite la ville était habitée par des populations, des bergers et des brigands.

Dès les prémisses de sa naissance, elle s’annonçait exceptionnelle. Alexandre fait appel à Deinocratès de Rhodes, un célèbre architecte grec, pour concevoir la ville. Ces mots d’ordre sont simples ; il veut un plan en damier, avec de larges avenues qui se coupent en angles droits. La ville n’aura de cesse de croître. Sous Ptolémée tout d’abord ; fils de Lagos le fondateur de la dynastie Lagides, il reçut la ville en partage à la mort d’Alexandre, s’y installa et décida d’en faire la capitale de l’Egypte en -319. Puis entre les mains de ses nombreux autres dirigeants et deviendra très rapidement l’un des foyers culturels et intellectuels du monde antique. Sa célèbre bibliothèque y étant pour quelque chose… Le bâtiment abritant également un musée, une Académie et une université, il fut longtemps avec le phare, le Saint Graal de la ville. Réputée dans le monde entier, elle attira foule d’intellectuels et scientifiques dans ses murs. Mais un feu en -47 la ravagea en partie.

Plus tard, la ville se trouve une autre vocation toute aussi importante ; un attrait commercial et militaire. Son port devient le point de chute de nombreux commerçants et armées du bassin méditerranéen. La venue du Christianisme va cependant profondément marquer la ville et dès le IIIe siècle, un grave déclin s’amorce. Les magnifiques temples sont détruits, ce qu’il restait de sa bibliothèque est fermé, la population décroît lourdement… En 646, la chute d’Alexandrie est à son comble. Les derniers grecs, qui ont tant œuvré pour son rayonnement, quittent la ville, et la laisse aux mains arabes. Puis, investie pendant les Croisades, Alexandrie perd son dernier signe de grandeur… Son phare qui lui a pourtant servit pendant des siècles, n’est plus qu’une ruine parmi tant d’autres. Au Moyen-Age, la ville n’est alors qu’un petit village de pêcheurs au passé glorieux.

Il faudra attendre le XVIIIe siècle et la venue de Napoléon pour que la ville retrouve son âge d’or. Ce ne fut pourtant que de courte durée ; le nouveau vice-roi d’Egypte, Méhémet Ali, effacera dans une ultime fin ce que fut Alexandrie en construisant une nouvelle ville sur l’emplacement de la cité antique en 1805. Même si la ville connaît alors l’afflux de nombreuses populations, qui lui apporteront une grande richesse culturelle et le nouveau départ de son activité commerciale, la révolution de 1952 contraint les commerçants étrangers à retourner dans leur pays. Aujourd’hui peuplée d’environ 5 millions d’habitants en majorité d’origine égyptienne, Alexandrie reste la ville portuaire la plus importante d’Egypte, mais n’a plus son rayonnement d’antan.

Cependant, quelques vestiges du passé se dressent encore entre ses murs, comme une preuve immortelle qu’Alexandrie fut bien par le passé la magnifique cité décrite dans les textes anciens. On peut notamment admirer le reste de l’auditorium romain de la ville, découvert il y a peu à l’emplacement d’un cimetière. Les deux sphinx en granit rose, près de la colonne de Pompée, découverts en 1906 là où se tenait une annexe de la fameuse bibliothèque d’Alexandrie, sont à voir. Pour se plonger dans une époque plus récente, le fort du sultan Qaytbay sur l’emplacement de l’ancien phare d’Alexandrie, où la nouvelle bibliothèque d’Alexandrie, inaugurée en 2002, ne pourront certes pas enlever la nostalgie de l’ancienne ville, mais sont cependant d’importants sites culturels et historiques de la ville. Que reste t-il de la vieille Alexandrie à par quelques ruines ?… Son port reste l’un des plus fréquentés d’Egypte, sa population anciennement cosmopolite garde les traces de son métissage. Mais la splendeur ni est plus… Car Alexandrie, dans sa sagesse, savait qu’être une ville unique était être une ville éphémère.

mercredi 11 août 2010, par Nathalie