Annaba (Algérie)

Pays : Algérie
Région : Annaba
Code postal : 23000
Population : 585 000 hab.
Densité : 412 hab./km²
Superficie : 1 421 km²
Site Web : www.el-annabi.com

Annaba (en arabe عنابة) (ancienne Hippone, Bône) est une des principales villes d’Algérie.

Elle est située à l’extrême nord-est de l’Algérie, entre le fleuve Seybouse et la frontière tunisienne, distante d’une centaine de kilomètres, dans la wilaya d’Annaba.

C’est la quatrième ville d’Algérie en nombre d’habitants, après la capitale Alger, Oran et Constantine, avec près de 650 000 habitants dans son agglomération en 2009, dits Annabis (également appelés Bônois et Bônoises). L’agglomération englobe les villes d’El Bouni, El Hadjar et Sidi Amar, qui forment à présent une véritable couronne autour de la ville d’Annaba et dont les liens avec cette dernière sont de plus en plus denses. La ville s’est considérablement développée depuis l’implantation de l’usine d’El Hadjar (à une dizaine de kilomètres au sud) qui draine de la main d’oeuvre de toute la région.

Annaba est l’une des plus anciennes cités de l’Algérie, fondée en 1295 avant J.-C., connue sous les noms successifs d’Ubon, Hippo Regius, Hippone, Bouna, Bled El Aneb, Bône, et enfin, Annaba.

Autrefois, on l’appelait Bilad Al Unnâb, c’est-à-dire la ville des jujubes, à cause de la grande richesse de ce fruit dans cet endroit.

La ville d’Annaba comptait 247 701 habitants en 1998 (Recensement général de la population et de l’habitat) et son agglomération 359 657 (avec El Bouni 111 956 habitants en 1998). Si l’on y inclut El Hadjar, et Sidi Amar dont les extrémités tendent à se rejoindre, c’est près de 500 000 personnes qui appartiennent au "Grand Annaba".

Hippone serait le résultat de l’évolution de ce point de fixation vers une escale et un comptoir portuaire d’une certaine importance notamment quand les relations commerciales se sont développées avec les Phéniciens. Du VIe au IIIe siècle avant J-C., Hippone se soumet à l’hégémonie carthaginoise. Au IIIe siècle avant J-C., la consolidation du royaume numide, notamment sous le règne de Massinissa et de ses successeurs, entraîne l’intégration d’Hiponne au royaume numide ; elle devient une ville royale, « Hippo Regius ». Ce rang lui est sans doute dû à son rôle de port qui assure les liaisons entre l’arrière-pays et la Méditerranée. Deux siècles plus tard, les chocs entre empires carthaginois et romain d’une part, et entre ces derniers et le royaume numide d’autre part, s’achèvent par le triomphe de l’expansion romaine et l’annexion d’Hippone.

Cette dernière devient un des plus grands centres de la nouvelle province numide soumise aux romains ; l’Africa Nova. Les vestiges que nous voyons aujourd’hui représentent la phase romaine et ses séquelles vandale et byzantine. Ce qui fait l’individualité d’Hippone dans cette période, c’est qu’elle est devenue un centre de rayonnement de la pensée théologique augustinienne sous l’impulsion de l’évêque d’Hippone Saint augustine. La mort de cette éminente figure coïncide avec la défaite romaine dans la régions sous les coups des Vandales et l’atrophie d’Hippone à tous les niveaux. Les Byzantins, malgré leur tentative, ne redonnent pas à la ville son éclat d’antan, tout au plus peut-elle constituer une escale ou un point de ravitaillement pour la flotte byzantine. Le VII ème siècle marque le début d’une nouvelle ère de l’histoire de la ville, lorsque celle-ci s’islamise.

Le site antique d’Hippone sera islamique aussi jusqu’à la fin du Xème siècle. La ville prend le nom officiel de Bouna ; mais on lui donne aussi le nom de Madinat Saybous ( la ville de Seybouse ). Au début du XIème siècle, la ville antique est abandonnée pour un nouveau site à 3 km au nord du premier. La ville Bouna Al Haditha ( Bouna la neuve ). La nouvelle ville s’installe sur une hauteur de 40 mètres environ d’altitude, à la différence de l’antique qui se trouve dans le plat ( 1 à 3 mètres d’altitude ) ; et dès 1040 environ la ville s’entoure de remparts pour renforcer sa défense naturelle. Les Sanhadjas, qui la fondent, en font un poste de défense et de surveillance de cette double-frontière terrestre et maritime. Parallèlement à cette fonction, Bouna va être aussi un port d’échanges commerciaux. Cette double fonction, la ville la garde sous les Muwahidines (XIIème siècle), sous les Hafsides (XIIIème au XVème siècle), et sous les Deys (XVIème au XIXème siècle).

mardi 8 juin 2010, par Nathalie