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Chefchaouen

43 000 habitants
flag Maroc Maroc
  • Maire : Mohamed Sefiani
  • Région : Tanger-Tétouan

Localisation

La ville de Chefchouen est située au nord-ouest du Maroc à environ 50 kms à vol d’oiseau de la mer méditerranée et à 120 kms de Tanger 3ème ville du Maroc.

A 600 mètres d’altitude au début des montagnes du Rif, Chaouen s’inscrit dans un environnement rural à proximité d’un parc national (Talassemtane) et en face d’une réserve naturelle (Bouhachem, jumelée avec le parc du Lubéronen en PACA, France).

Le climat, typiquement méditerranéen, est pluvieux et froid en hiver avec des températures pouvant atteindre comme en 2005 – 14°C. Les précipitations varient entre 800 et 1 400 mm/an atteignant parfois 2 000 mm/an avec des chutes de neige même si celles-ci restent rares à 600 m. L’été est relativement doux mais parfois très chaud avec des températures atteignant ou dépassant 40°C.

La région est un des principaux châteaux d’eau du Maroc, desservant un bassin versant très sollicité notamment par les plaines agricoles du sud. Les ressources hydrauliques pourraient être mieux valorisées grâce à des systèmes de récupération d’eau de pluie, la production d’hydroélectricité sur la rivière qui traverse Chaouen.

Organisation spatiale

Construite sur un flanc de montagne tourné au sud-ouest, le développement de la ville compose avec les contraintes naturelles que sont l’existence d’une source et de la rivière Fouara et des pentes pouvant atteindre jusqu’à 50° de déclivité.

La ville s’est développée autour d’une médina d’environ 10km2 dont l’édification remonte au XVème siècle. Elle est totalement piétonnière, y circulent seulement des tricycles pour le transport et des ânes. Construite sur un plan andalou elle présente des singularités par rapport aux autres médinas marocaines la rendant particulièrement attrayante.

Autour de l’ancienne médina se trouve la ville dite coloniale dont les constructions datent de l’époque coloniale (XXème siècle) et les quartiers dits périphériques de constructions récentes.

Peuplée de 42 000 habitants en 2014, avec un taux de croissance annuel moyen de 1,24% (conforme à la moyenne marocaine) la croissance démographique est alimentée par l’arrivée de populations rurales alentours qui s’installent dans les quartiers périphériques à la médina et qui sature à une densité de population de 600 hab/ha. Malgré l’existence d’un plan d’aménagement, le développement urbain n’est pas contrôlé, les constructions précédant l’arrivée des infrastructures (routières, d’adduction d’eau potable, d’assainissement, d’éclairage public, etc.).

Economie et démographie

La pyramide des âges est plutôt inversée par rapport au reste du Maroc ; il y a relativement peu de jeunes, ces derniers quittant Chefchaouen pour étudier dans des grandes villes et ne revenant pas systématiquement. Le taux de chômage avoisine les 20%. Des stratégies de développement de filières économiques existantes (tourisme, etc.) ou nouvelles (à réfléchir dont éco-matériaux de construction, agriculture à haute valeur ajoutée) s’imposent pour y répondre.

Le tourisme est le principal secteur d’activité économique avec 120 000 touristes/an

Les infrastructures sont :

  • Hôtels classés : 351 lits
  • Hôtels non classés : 1079 lits
  • 11 maisons d’hôtes : 189 lits
  • Campings, auberges

Les principaux atouts sont :

  • La médina ancienne et sa typicité
  • Une source d’eau et une rivière dans la ville de Chefchaouen
  • L’existence de produits de terroir typiques (bessara, samet, fromage, etc.)
  • Des cascades à proximité (environ 30 kms) et le cadre environnemental
  • Sa proximité avec l’Europe et Tanger

La commune prévoit d’augmenter l’offre de points d’intérêt touristiques avec, entre autre :

  • L’aménagement d’un lac sur les hauteurs de la ville
  • L’ouverture d’un musée d’histoire de la ville et des cultures populaires
  • L’ouverture d’un musée de l’eau en projet.
  • L’ouverture d’un musée de produits du terroir

Cependant, le secteur du tourisme souffre d’un manque de vision et d’un manque de qualité dans les prestations (hébergement, nourriture) dénoncé par des touristes. De plus des maisons d’hôte illégales concurrencent les infrastructures légales. Il convient de travailler à l’amélioration des prestations touristiques (confort thermique dans les chambres, qualité de l’alimentation) et à une stratégie de développement du tourisme prenant en compte le changement climatique, les autres acteurs du tourisme de la région et l’ambition de Chefchaouen de devenir exemplaire sur le plan environnemental.

Le secteur artisanal comprend, entre autres, des tisserands en médina, des forgerons, des menuisiers et ébénistes.

L’agriculture reste un secteur important sur la commune avec 183 hectares cultivés dont 74 ha irrigués. L’élevage de chèvres de race locale vise la production de viande et de lait pour la fabrique de fromage, connu à l’échelle national.

Il existe une usine de filage de laine.

Organisation et taille de la Commune de Chefchaouen

La commune de Chefchaouen se trouve dans la Province de Chefchaouen appartenant à la région Tanger-Tétouan.

La commune de Chefchaouen gère un budget annuel moyen de 400 000€ dont la masse salariale représente 60%. Les fonctionnaires sont au nombre de 212 dont environ 20% de femmes. La réalisation d’infrastructure est largement financée par le gouvernement central.

Gestion des déchets

La collecte des déchets est réalisée par une entreprise privée, selon un contrat qui a fait l’objet d’une concertation publique. Les déchets sont actuellement entreposés à l’air libre dans une décharge non contrôlée.

Il est prévu d’expérimenter le tri à la source dans un quartier pilote de Chefchaouen. La localisation de Chaouen dans un territoire rural où l’utilisation d’engrais est très élevée rend très pertinent la stabilisation et le compostage des déchets organiques qui représentent 70% des 8 760 tonnes de déchets produits annuellement à Chefchaouen.

Eau et assainissement

90% de la population ont accès à des services d’eau potable et 70% sont concernés par la collecte des eaux usées.

Mobilité

La longueur du réseau routier est de 41 kms dont 80% nécessite une réaffectation avec l’extension des quais et 20% de pavage. Le réseau routier dans les quartiers périphériques est de 9,5 kms dont 20% seulement réalisés. De nombreux aménagements routiers sont prévus ou en cours pour désengorger le centre-ville, ouvrir la ville sur les zones nouvelles d’urbanisation à l’ouest (zone el ouelja) et rendre facilement accessible la zone industrielle de el Ouelja. Le principal aménagement est la réalisation d’une voie de contournement et de 5 pénétrantes dont 1 sur un pont.

Il serait opportun de profiter de ces projets d’aménagement routier pour établir un schéma de déplacement prenant en compte les besoins actuels et à venir des résidents (notamment avec les quartiers périphériques) et des touristes et la volonté de développement d’un cadre environnemental favorable. Cela pourrait passer par l’expérimentation d’aménagements cyclables, piétonniers voire de véhicules à traction animale spécifiques.

Qualité de l’air

Il n’existe pas de système de mesure et de suivi de la qualité de l’air à Chefchaouen.

La qualité de l’air est supposée bonne compte-tenu de l’altitude de la ville et de la quasi-absence d’industries dans la région. Néanmoins, la concentration de véhicules diesel sur certains axes stratégiques rend probablement l’air très pollué.

Modes constructifs

Le mode constructif traditionnel de la médina est en bois et terre/pisé avec un toit en V couvert de tuiles.

Cependant, la plupart des maisons ont ensuite été surélevées avec un mode constructif moderne et les toits en tuile sont remplacés par des toits terrasses. Très bien entretenues de l’extérieur par les habitants, les habitations de la médina ne le sont pas toujours à l’intérieur. Une évaluation indique que 250 logements auraient besoin d’être réhabilités.

A l’extérieur de la médina, les constructions sont de très mauvaise qualité et sans aucune inertie avec une double peau en briques. Compte-tenu des conditions de froid en hiver et de chaleur en été, il conviendrait de promouvoir un type de construction durable méditerranéenne, s’appuyant notamment sur le règlement thermique de la construction au Maroc qui vient d’être promulgué.

Approvisionnement et production énergétique

Il n’y a pas de production d’électricité sur le territoire de Chefchaouen, la loi marocaine ne permettant pas l’injection de l’électricité d’origine renouvelable sur le réseau basse tension. Une loi le permettant est actuellement en cours d’élaboration. Chefchaouen a un potentiel de production d’électricité d’origine solaire, notamment sur les toits et hydraulique principalement.

Démarche climat-énergie

Chefchaouen a l’ambition d’être une éco-ville. C’est pour cela qu’elle s’est associée au GERES, à l’AMEV et à l’IDE-E dans un projet visant à asseoir une culture et des bonnes pratiques en matière d’énergie durable sur le territoire de Chefchaouen. Sur une période de 3 ans, il est prévu de toucher directement ou indirectement une part importante de la population en s’appuyant sur le tissu social dense et actif de la ville, une culture historique de la concertation et une volonté politique d’amélioration de la qualité de vie des habitants et du tourisme.

Dans une logique d’exemplarité, la municipalité est le premier acteur visé par le projet. Des activités seront menées afin que la commune connaisse et maîtrise les consommations énergétiques carbonées relatives à son patrimoine (éclairage public, chauffage et éclairage des bâtiments, mobilité du personnel), et ce grâce à la mise en place d’outils d’analyse et de suivi tels qu’un tableau de bord de la gestion énergétique communale ou encore la réalisation d’une étude sur les déplacements des fonctionnaires. La réduction de ses consommations d’énergie passe par la modernisation du réseau d’éclairage public, la mise en place d’un plan de déplacement de l’administration, l’acquisition de véhicules électriques, la construction de bâtiments communaux sobres en énergie et leur exploitation optimisée.

Pour y parvenir il est prévu de renforcer les compétences locales en matière de gestion énergétique durable par la formation des acteurs : équipe énergie au sein de la commune urbaine et de renforcer la gouvernance locale par la sensibilisation des élus et des cadres de la municipalité en s’appuyant sur des dispositifs de concertation citoyenne. Un Conseil Participatif de l’Energie et de l’Environnement, composé d’une cinquantaine d’acteurs de la ville, va être mis en place dans l’objectif de contribuer à la production de politiques publiques locales, de faciliter l’échange et la réalisation des objectifs co-produits. Pour favoriser la réduction des consommations énergétiques des habitants, particuliers et entreprises, un « Point Info Energie » sera mis en place délivrant une information gratuite et neutre sur les pratiques de réduction des consommations d’énergie et d’utilisation des énergies renouvelables. Des formations sont également prévues pour certaines catégories de professionnels (chauffeurs de taxi, électriciens, etc.) afin d’acquérir de bonnes pratiques professionnelles et pour les amener à mieux comprendre le rôle qu’ils peuvent jouer en matière d’énergie durable, notamment au sein du CPEE.

Bibliographie

  • Etude architecturale et plan de sauvegarde de la Médina de Chefchaouen – plan d’aménagement.
  • Plan de développement urbain de la ville de Chefchaouen, 2014.
  • Etude pour l’évaluation et la protection patrimoniale de la commune de Chefchaouen et l’inscription de l’architecture de Chefchaouen sur la liste indicative du patrimoine mondial du gouvernement du Maroc.

Position géographique